MARKETING DUC-GRC

   
         
   

La Franchise 2004

 

   
   
 

 

 
 

Adopter l'esprit réseau

Sur fond de mesures favorisant la création d'entreprises, la franchise se déploie et séduit de plus en plus de commerçants et d'entrepreneurs, apprentis ou confirmés. Conseils et pistes avant de ce lancer.

Dossier Presse : Commerce magazine Mars 2004 : Véronique Méot et Guillaume Mangeas

PLAN

1 - Une formule au beau fixe

2 - Quel profil pour intégrer un réseau ?

3 - Comment cibler un Franchiseur ?

Une formule au beau fixe

La franchise attire de plus en plus de candidats chefs d'entreprise et semble bien résister au contexte économique difficile. Son nom? La franchise. Une forme du commerce organisé où l'esprit de groupe reste une valeur phare, sans masquer les ambitions personnelles.

 

La franchise ne connaît pas la crise... À l'instar d'une petite entreprise, cette forme de commerce organisé a de quoi donner espoir aux candidats à la création d'entreprise.

 

Les chiffres d'abord. Éloquents. Depuis dix ans, la progression moyenne annuelle de la franchise a été de 3 à 5 %. Mieux encore, la crise économique générale, ressentie par de nombreux chefs d'entreprise, aurait épargné la franchise.

 

En 2003, la France comptait ainsi 765 réseaux pour 34745 points de vente sous cette forme de commerce organisé (46 réseaux supplémentaires par rapport à 2002), réalisant un chiffre d'affaires estimé à 34,12 milliards d'euros, soit près de 6,4 % de croissance par rapport à l'année précédente (source FFF-Franchise Expo Paris).

 

Pour commenter cette réussite, Chantal Zimmer, déléguée générale de la Fédération française de la franchise (FFF) avance sa propre explication : « un vent d'esprit d'entreprise souffle très fort en ce moment». Les récentes mesures, notamment la loi sur l'initiative économique, auraient ainsi suscité des vocations auprès entrepreneurs en herbe, et la franchise en aurait tiré profit.

 

Selon Chantal Zimmer, ce mode de commerce « est désormais entré au quotidien dans les mœurs des Français». Mieux, la franchise française est devenue une "marque de fabrique".

 

Elle s'exporte d'ailleurs plutôt bien à l'étranger. Un quart des réseaux, soit 179 d'entre eux, ont emprunté cette voie cette année et se situent essentiellement dans le prêt-à-porter, les salons de coiffures, les hôtels, l'alimentation. « La franchise française est, depuis ses origines, installée dans une certaine exception culturelle, remarque Chantal Zimmer.

 

Elle est faite essentiellement de réseaux nationaux, et, contrairement à ses homologues anglo-saxonnes, germaniques et asiatiques, axées sur les services, elle est essentiellement constituée en réseaux de commerces de détail. »

 

Pour comprendre la "French touch" en matière de franchise, il faut repartir quelques décennies en arrière.

 

Années 1970 : la France découvre les premières franchises. Les pionniers se nomment Pingouin, Pronuptia, Rodier. Trente-quatre réseaux sont répertoriés en 1971. A cette époque, la grande distribution amorce déjà sa grande révolution.

 

Les projets d'hypermarchés pullulent en périphérie et le commerce de proximité arrive péniblement à faire entendre sa voix. «Pour lutter efficacement, sans pour autant utiliser les mêmes armes et copier les méthodes de la grande distribution, il devenait impératif de trouver une forme de commerce capable de réunir les points de vente et peser ainsi comme une véritable force», se souvient Chantal Zimmer.

 

Le développement sous un système de franchise apparaît comme une solution. En l'espace de six ans, de 1971 à 1977, le nombre de réseaux avait triplé et le mouvement allait crescendo pour atteindre son heure de gloire en 1993, avec 430 réseaux.

Préparer une sorte de contrat de "mariage"

Seulement, à vouloir aller trop vite, victime de son succès, la franchise avait oublié, au milieu des années 1980, de "faire son ménage", au sein d'enseignes parfois peu scrupuleuses vis-à-vis de leur réseau de franchisés. D'où l'élaboration du dip (document d'informations pré­contractuelles) en 1989, une sorte de contrat qui régit les obligations du franchiseur envers le franchisé, instaurant par ce biais une relation de confiance entre les deux parties.

 

Car la franchise, c'est avant tout une affaire de partenariat donnant-donnant. D'un côté, le franchiseur livre son savoir-faire ; au commerçant, ensuite, de l'appliquer le plus fidèlement possible, tout en gardant son indépendance de chef d'entreprise.

 

Les professionnels parlent de "couple", de "mariage". «Il s'agit d'une philosophie de partage », résume Francis Lacroix, le nouveau président de la FFF, par ailleurs pdg de l'enseigne Comtesse du Barry.

 

Une philosophie que cultivent les franchiseurs dans leurs choix de recrutement. «Je rejette systématiquement les candidats qui arrivent dans une optique de "moi je". La franchise se joue en collectif», insiste Francis Lacroix.

 

Autre point essentiel, la franchise reste avant tout un parcours de chef de petite entreprise. « Pour s'intégrer dans la franchise, il faut se montrer commerçant avant tout», résume Francis Lacroix. « Fini le franchiseur avec le gros cigare et le franchisé timide, ironise Chantal Zimmer.

 

Le franchisé est avant tout un chef d'entreprise et le franchiseur un partenaire de développement. » Un raisonnement qui fait dire à certains que

cette forme de commerce s'apparente à une sorte de "succursalisme volontaire". D'où l'importance du facteur humain et la capacité à bien s'intégrer au sein même du réseau, dans le choix du candidat franchisé.

 

Un critère qui d'ailleurs fait le charme et la force de cette forme de commerce. Si le franchisé reste avant tout un commerçant, il doit également être en mesure de vivre son aventure personnelle avec l'enseigne. Il est en cela, selon Francis Lacroix, " l'ambassadeur de l'enseigne"

 

Un secteur en perpétuelle mutation

Le franchisé est ainsi multicasquette. Il est à la fois commerçant, chef d'entreprise et ambassadeur de l'enseigne. Une particularité qui suscite parfois des reproches, au motif qu'un franchisé est un commerçant à part, ne fonctionnant qu'en vase clos, avec son enseigne.

 

Une accusation que réfute Bernard de Crémiers, pdg de Laforêt Immobilier. « Notre but est de nous imprégner véritablement dans le tissu local, et nous encourageons chaque franchisé à faire partie de l'union des commerçants du quartier ou d'exposer des toiles d'un peintre qui réside à proximité, par exemple. »

 

Autre reproche fait au système de franchise, celui d'une uniformisation du paysage commercial, avec le sentiment que chaque centre-ville français se ressemble, offrant les mêmes enseignes.

 

Chantal Zimmer y voit, elle, plutôt un signe positif. «Les enseignes s'attirent les unes les autres effectivement, mais le mouvement est en perpétuelle mutation chaque année et la dynamique générée profite à l'ensemble des commerçants, franchisés ou non. »

 

Pour preuve, ces nouveaux réseaux qui font leur apparition chaque année lors du Salon de la franchise. En 2004, l'on compte une quarantaine d'exposants supplémentaires par rapport à la précédente édition, soit environ 350 exposants au total.

 

Des nouveaux réseaux donc, français ou étrangers, mais pour la plupart, il s'agit de noms déjà connus. Et pour cause, ce sont des réseaux déjà bien implantés mais... succursalistes.

 

L'ouverture à la franchise constitue en effet pour eux un formidable levier de développement rapide du nombre de points de vente. Le taux de mixité franchise/succursale semble de plus en plus pencher en faveur de la franchise.

 

Sur un total de 55 880 magasins d'enseignes qui se développent en réseau, 34 745 sont en franchise, soit un taux de 61,2 % en 2003 contre 57,8 % l'année précédente (source FFF-Franchise Ëxpo Paris).

 

Le Salon Franchise Expo souligne cette tendance avec ces nouveaux exposants comme Du Pareil au Même, Apache, Naf Naf, de Fursac...

 

C'est le cas également de Paul, l'enseigne de boulangerie du groupe Holder, développée jusque-là uniquement en succursale et qui cette année s'ouvre à la franchise pour doubler son réseau actuel de 240 points de vente.

 

«Le passage à un système de franchise représente un bon moyen pour mailler plus rapidement et plus intensément le territoire français», explique ainsi Thierry Forez, directeur de la franchise du groupe Holder.

 

De quoi laisser augurer un bel avenir pour la franchise et susciter encore davantage de vocations pour les futurs candidats à cette forme de  commerce organisé.     G. M.

 

   
 

Quels secteurs?

 

En 2004, trois secteurs se distinguent parmi les nouveaux réseaux:

• Les commerces alimentaires, avec une progression de 29%, arrivent en tête.

• Les salons de coiffure et d'esthétique font une percée significative avec 26 % des ouvertures.

• Les enseignes regroupées sous l'appellation "divers" (incluant solderies, fleuristeries, jouets, parfumeries, téléphonie, etc.), avec 24%.

 

   
 
     
 

Quel profil pour intégrer un réseau ?

Il n'existe pas un profil type permettant d'établir précisément le portrait-robot d'un franchisé. En revanche, pour réussir dans ce domaine, certaines qualités et traits psychologiques se dessinent, qui se déclinent comme autant de clés de succès.

 

Le franchisé est un chef d'entreprise indépendant. Il n'en est en aucun cas un sosie. Simplement, visionnaire perspicace, le franchisé sait qu'un commerçant isolé souffre économiquement de sa situation.

 

Par conséquent, il préfère rejoindre un réseau pour profiter de la force de frappe commerciale qu'il recèle. Car les franchiseurs fournissent leur savoir-faire en termes de concept, de formation, de marketing et de communication notamment.

 

Or ces éléments deviennent accessibles au commerçant indépendant grâce à la mutualisation des moyens et des coûts, organisée par le réseau.

 

Le franchisé bénéficie ainsi des atouts des grandes enseignes et peut donc, localement, les concurrencer.

À quoi ressemble le franchisé idéal?

À cette question, les franchiseurs répondent, comme un seul homme : à un commerçant!

 

Et, ça ne s'invente pas, un bon franchisé est d'abord un bon commerçant. La vente est son cœur de métier, quel que soit le secteur d'activité du réseau; le franchisé anime un point de vente, c'est un commerçant de proximité, qui entretient des relations privilégiées avec sa clientèle.

 

Puis vient la motivation. Ainsi, selon Maurice Penaruiz, président du réseau Maison Mikit France, « un franchisé doit être motivé par la création d'entreprise; on ne s'installe pas à son compte par défaut, pour créer son propre emploi, mais par une volonté réelle d'être autonome».

 

Le franchisé idéal est donc un homme d'affaires, un manager qui ambitionne de diriger une équipe, un gestionnaire qui saura garder l'œil sur ses tableaux de bord.

 

Maurice Penaruiz insiste sur cet aspect : « le candidat à la franchise doit présenter des capacités de commercial et de gestionnaire». Faute de quoi, il risque de se tromper de métier.

 

En revanche, le franchisé n'a pas besoin de maîtriser tous les aspects techniques du secteur d'activité, mais « il doit apporter à la table une expérience professionnelle adéquate et les qualités personnelles nécessaires au succès en tant que commerçant», explique Louis Le Duff, président

fondateur de La Brioche Dorée (Ille-et-Vilaine).

 

Il poursuit: «si l'on parle de la franchise de détail, l'expérience d'affaires du franchisé doit de préférence comprendre les aspects gestion et mobilisation du personnel, gestion de la satisfaction de la clientèle et marketing local, gestion opérationnelle quotidienne.

 

Ceci dit, il n'existe pas de bons ou de mauvais profils de franchisés, mais des profils qui se marient mieux à un concept donné. » Et nous voici au cœur du sujet.

 

Le portrait-robot du franchisé idéal n'existe pas, car il se dessine au cas par cas, en fonction de la marque de fabrique du réseau. L'essentiel est que le franchisé est un commerçant, chef d'une petite ou moyenne entreprise et donc apte à la diriger et capable de travailler en partenariat avec ses collègues.

L'indépendance dans l'interdépendance

Ainsi, le franchisé est un indépendant avide d'échanges d'expériences et soucieux du bien commun du réseau auquel il accepte d'appartenir. Car, comme le souligne Louis Le Duff, « le franchisé doit aider à faire progresser le système dans un esprit de loyauté envers les autres intervenants du réseau et ne pas oublier le principe d'indépendance dans l'interdépendance».

 

C'est d'ailleurs cet objectif qui pousse les franchisés à mener une politique de recrutement rigoureuse.

 

Si beaucoup reconnaissent "sentir" le candidat, Francis Lacroix, président du groupe Comtesse du Barry, fraîchement élu président de la FFF (Fédération française de la franchise), préfère également soumettre les postulants à un test «pour vérifier s'ils sont prêts à intégrer un réseau et pour évaluer leur degré de "rébellion"'».

 

D'autres ont recours à la graphologie. Et tous invitent le candidat à un entretien avec le directeur du développement et/ou le directeur du réseau, pour lui administrer un «questionnaire aux rayons X», selon l'expression de Francis Lacroix.

 

De quoi s'agit-il ? De découvrir la motivation du candidat, et sa capacité à s'intégrer dans la structure.

 

Car son profil psychologique doit lui permettre d'être à la fois autonome et apte à s'immerger dans le groupe, à y prendre sa place pour épouser les valeurs du réseau, participer à sa vie et finalement contribuer à le développer.

Adhérer aux valeurs du franchiseur

L'adhésion aux valeurs de l'enseigne est particulièrement importante. Ainsi, Gilles Chapeleau, directeur de l'enseigne Avis Immobilier explique, « nous recherchons évidemment des professionnels de l'immobilier mais surtout des candidats qui partagent nos valeurs, qui ont envie d'échanger avec les autres,

d'apporter leurs compétences et qui se montrent solidaires lorsque des difficultés apparaissent.

 

Finalement, nous signons des contrats avec des gens qui nous ressemblent. » Et "la réponse du berger à la bergère" tombe par la voix de Laurent Petit, franchisé Avis Immobilier, à Bayonne et à Labennes (Pyrénées-Atlantiques) :

 

«Avant de choisir Avis, nous avons rencontré d'autres représentants de réseaux et nous avions l'impression d'avoir affaire à des vendeurs de franchise.

 

Avec les dirigeants d'Avis, nous avons trouvé des vrais partenaires, à l'écoute des franchisés, désireux de les voir participer à des commissions pour influer sur leur avenir.

 

En outre, le réseau est de petite taille et son côté familial m'a séduit; ainsi, les séminaires ne sont pas anonymes. » Laurent Petit qui, avec son associé, a ouvert deux agences en moins d'un an, fait partie de la commission marketing du réseau et se félicite de s'investir pour faire avancer l'enseigne.

Quel cursus pour quel secteur?

Les franchisés ne présentent pas tous les mêmes origines professionnelles. Certains, anciens commerçants, décident de rejoindre un réseau parce qu'en tant qu'indépendants ils prennent conscience de leurs limites, ou parce que ex-directeurs de point de vente de réseau succursaliste, ils souhaitent s'installer à leur compte.

 

D'autres, des investisseurs, salariés de grandes entreprises, décident de franchir le cap et de créer une entreprise. Ces derniers ont d'ailleurs la particularité d'ouvrir plusieurs points de vente assez rapidement, car ils s'intéressent davantage à la gestion d'une petite ou moyenne entreprise qu'à l'animation pure et simple d'un point de vente.

 

Selon les secteurs d'activité, les franchiseurs privilégient tel parcours ou tel autre. Un concept très exigeant a besoin de franchisés capables de s'y adapter et de s'y conformer.

 

De nombreux franchiseurs sont alors en quête de partenaires entièrement étrangers au domaine d'activité, et donc vierges de toutes habitudes -bonnes ou mauvaises. Ainsi, formés par le réseau, ils prennent rapidement la "patte maison".

 

A contrario,si un ancien fleuriste, par exemple, rejoint une franchise exerçant la vente des fleurs en libre-service, il se montrera peut-être rebelle aux méthodes appliquées.

 

Dans d'autres cas, la profession est réglementée. Le métier de l'immobilier nécessite une carte professionnelle. Laurent Petit a réussi à régler ce problème : s'il était commercial dans l'industrie, son associé travaillait chez un promoteur immobilier.

 

Leur double expérience leur garantit d'être à la fois  ouverts  aux  méthodes de travail du franchiseur et lucides sur les exigences de la profession.

 

« Choisir une franchise c'est aussi choisir une méthode commerciale», souligne-t-il. Dans tous les cas, le candidat doit se laisser séduire par le secteur.

 

Louis Le Duff le martèle : « Le métier que le franchisé est appelé à exercer doit, avant toute chose, correspondre à ses compétences et à ses véritables passions.

De plus, il faut que la franchise qu'il a choisie permette de générer des revenus qui correspondent à ses attentes. » Aimer l'activité, apprécier les produits, être séduit par le concept ne suffirait donc pas à la réussite d'un franchisé.

 

Sa passion doit satisfaire également à ses objectifs financiers. Dans le cas contraire, la frustration serait porteuse de désillusion.

 

Vérifier l'adéquation de l'homme avec le réseau

Enfin, le candidat, pour verrouiller son projet et avant de signer un contrat, doit vérifier s'il est fait pour la franchise et pour le domaine d'activité retenu.

 

Une manière assez simple de s'en apercevoir est d'aller passer quelques jours chez un franchisé installé. Vous pouvez alors tester le concept, les produits, observer la manière de les vendre, l'accueil de la clientèle, l'ambiance qui règne dans le point de vente, etc.

 

En outre, le ''futur" partenaire pourra vous expliquer les rapports qu'il entretient avec la tête de réseau.

 

À l'issue de cette rencontre, chacun enrichit sa réflexion. Le candidat peut alors se poser les bonnes questions : est-il prêt à investir son argent dans ce réseau ? Est-il partant pour   engager   sa responsabilité personnelle dans cette aventure, en prenant le risque, dans le plus mauvais des cas, d'y  aliéner son patrimoine ? A-t-il envie de collaborer avec les autres membres du réseau ?

 

De son côté, le franchisé installé fera part de ses remarques au directeur du développement. Il s'agit pour le réseau d'une excellente source d'information. Le franchisé, en connaisseur, saura jauger les capacités du postulant à réussir son intégration.

 

Car au fond, c'est bien de cela qu'il s'agit, la franchise est basée sur une relation "gagnant-gagnant" entre le franchiseur et son franchisé.

 

Il est donc essentiel que chacune des deux parties soient séduites par l'autre afin de s'investir pleinement et faire un bout de chemin ensemble. V. M.

 

 

   
 

Avis d'expert

lean-Baptiste Tchiboukjian, chargé de développement* «du réseau Jôk, prêt-à-porter pour enfants

 

«Organiser un casting rigoureux»

 

Après avoir connu quelques déboires à ses débuts avec ses premiers franchisés dus, selon la direction, au «manque de rigueur concernant le casting», Jôk, l'enseigne de prêt-à-porter enfant s'est juré de ne plus refaire ses erreurs de jeunesse.

 

Pour cela, elle s'appuie sur l'expérience de Jean-Basptiste Tchiboukjian, ex-franchisé puis développeur pour la Compagnie des Petits, pour recruter ses nouveaux affiliés.

 

« Le profil d'investisseur ne nous intéresse pas. Nous recherchons une personne entre 30 et 45 ans qui possède une véritable envie d'exercer dans le commerce et qui a déjà fait ses preuves auparavant.

 

Si l'aspect financier est important lorsque l'on décide d'être franchisé, l'aspect humain passe en premier dans le choix du recrutement.

 

J'essaie de rentrer dans la vie personnelle du candidat, de connaître ses envies, ses motivations pour l'enseigne. » Ce choix reste très important car ces premiers recrutés vont constituer les piliers de ce jeune réseau. « Il faut, au préalable, une forte implication dans la culture de l'enseigne. »

 

   

 

 

 

 

Le franchisé est un chef d'entreprise indépendant.

1

Il choisit de rejoindre un réseau pour profiter de sa puissance commerciale.

2

La vente est son cœur de métier, quel que soit le secteur d'activité du réseau.

3

Le franchisé doit présenter des capacités de commercial et de gestionnaire.

4

L'adhésion aux valeurs de l'enseigne est primordiale.

 

 

 
 

 

 
 

Comment cibler un Franchiseur ?

Rejoindre un réseau n'a d'intérêt que si celui-ci est performant. Pour vérifier la rentabilité et la pérennité d'une enseigne, le candidat doit mener une enquête rigoureuse avant de s'engager.

 

Choisir un partenaire lorsque l'on est indépendant, ambitieux, audacieux, revient à trouver son alter ego. Or, tout candidat à la franchise est en droit de ne pas faire de compromis, de ne se pas placer n'importe où.

 

Certes, le commerce organisé en général, et la franchise en particulier, a le vent en poupe. Mais, ce n'est pas une raison pour se laisser séduire par n'importe quelle sirène !

 

Mener l'enquête auprès des franchiseurs demande du temps. Les rencontrer ne suffit pas, car tous sont très satisfaits de leur réseau, souvent à juste titre d'ailleurs.

 

Il revient au postulant de vérifier la véracité des propos tenus, l'exactitude du tableau brossé.

Les atouts d'une bonne enseigne

Car le franchiseur a des devoirs. Un bon réseau est celui qui respecte les règles du jeu fixées par la relation contractuelle.

 

Qu'annonce-t-elle ? En contrepartie du droit d'entrée et des royalties que le franchisé paie à son franchiseur, celui-ci est tenu de lui apporter un certain nombre de services.

 

Ainsi, la qualité d'un réseau s'estime également par la qualité de ses prestations. Le franchiseur propose des produits ou des services, certes, mais surtout la manière de les vendre. Il organise l'approvisionnement des points de vente, via une centrale d'achat ou de référencement.

 

Son rôle ne s'arrête pas là : il doit également transmettre son savoir-faire. Or, cette "mission" passe par de nombreuses actions comme la mise au point d'une technique de vente, l'organisation de sessions de formation, la mise à disposition d'une forte reconnaissance visuelle de l'enseigne.

 

Chaque point de vente est ainsi architecturalement marqué par l'enseigne. Enfin, le franchiseur remplit un devoir d'assistance vis-à-vis de ses partenaires.

 

Aide au montage du dossier de création d'entreprise, recherche du local, ouverture du magasin, suivi régulier, le franchiseur est présent à chaque étape de la vie du point de vente.

 

Surtout, comme le fait remarquer Pascal Nescy, franchisé Jardin des Fleurs à Colmar, « le franchiseur doit se montrer disponible, ce qui devrait commencer par se rendre joignable.

 

La franchise est un partenariat, c'est-à-dire le cadre d'un échange de compétences. Et c'est bien ce postulat qui garantit la force d'un réseau et ses performances. Si telle enseigne ne respecte pas ses engagements, il y a fort à parier qu'elle va droit dans le mur, en y entraînant aussi ses franchisés.

 

Dans ce contexte, les futurs franchisés, responsables de leur projet de création d'entreprise, doivent se montrer vigilants. À ce titre, ils ne doivent pas hésiter à s'entourer de partenaires capables de les aider dans l'analyse des documents fournis par le franchiseur. Ainsi, mieux vaut

consulter un expert-comptable pour bâtir un compte de résultat prévisionnel et le comparer aux chiffres annoncés par la tête du réseau.

 

Vérifier les données fournies est une étape nécessaire, car elles sont par­fois irréalistes. Et, dans ce cas, il sera  peut-être préférable d'abandonner l'idée.

 

Un avocat, spécialisé dans le secteur, peut également vous aider à décrypter le contrat, notamment s'il prévoit des conditions de sortie, et au cas où elles existent, lesquelles.

 

C'est un point auquel les candidats ont tendance à ne pas penser. Pour Patrick Bigrain, franchisé, « l'adhésion du réseau à la Fédération française de la franchise est une garantie».

 

Ce libraire connaît bien le commerce organisé, puisqu'il est à la fois à la tête d'un magasin indépendant, adhérent de la coopérative Majuscules, affilié Maxi Livres et franchisé Bureau Center. « Avant de rejoindre Bureau Center, je me suis adressé à un autre réseau qui m'a paru trop enchanteur, ce qui a éveillé mes soupçons.

 

Lorsque tout semble facile, il faut se méfier, le franchiseur n'est pas honnête dans sa présentation. » Le commerçant insiste aussi sur le concept, « il faut sentir sa convivialité», et sur l'implantation des points de vente : « un local en bout de zone commerciale aura forcément des problèmes de fréquentation».

Pour évaluer ces éléments, le candidat a tout intérêt à se rendre dans divers points de vente, discuter avec plusieurs franchisés, afin de bien "prendre la température" du réseau.

 

Rejoindre une franchise ne dispense pas le candidat d'emprunter le chemin parcouru par tous les créateurs d'entreprise. Jauger un réseau, c'est donc étudier le marché, évaluer les performances de la concurrence, observer la qualité de l'implantation du point de vente, etc.

 

Jeunes pousses ou réseaux bien implantés?

Choisir une jeune pousse, autrement dit un réseau qui se lance, c'est participer à une aventure. Tout feu tout flamme, Marino Piacitilli, le pdg fondateur de Banco Direct, cherche à recruter une dizaine de franchisés par an, pour déployer, à long terme, une centaine de points de vente dans l'Hexagone. Le dirigeant de ce jeune réseau en est persuadé : « les premiers franchisés devront parler de Banco Direct mieux que nous».

 

Le magasin pilote existe depuis 1996. Deux ans et demi de travail ont servi à affiner le projet de réseau. Le concept est au point et la porte grande ouverte

« Les candidats le savent : s'ils nous rejoignent, ils participeront réellement à la vie du réseau».

Choisir un réseau à son image

Entrer en franchise, c'est dépasser la simple fonction de commerçant, pour adhérer à un réseau. Or, rejoindre une jeune pousse permet réellement de prendre part à son essor en investissant les commissions de réflexion par exemple. L'expérience récente de Catherine Bronsch, directrice de la master franchise Fruits et Passion en France depuis juillet 2003, montre aussi que faire le premier pas dans la séduction d'un réseau s'avère très positif.

 

Ancienne cofondatrice du réseau de parfumerie Process Blue, puis franchisée La Papethèque, elle fait connaissance du concept Fruits et Passion (enseigne
canadienne de soins du corps), lors d'un Salon de la franchise. « Un an
après, je prenais les devants en leur expliquant l'intérêt d'ouvrir leur premier point de vente en France. Je me suis portée candidate à l'ouverture de la première boutique franchisée de l'Hexagone et, depuis, j'occupe la fonction de responsable de la master franchise en France. »

 

Finalement, on a le réseau que l'on mérite. Un franchisé n'est pas tenu de rester en retrait. S'investir dans le développement de l'enseigne est encore plus accessible lorsque le réseau est fraîchement implanté.

 

C'est l'une des limites des systèmes anciens. Le travail est déjà fait, ou du moins les places déjà prises. En revanche, ces structures apportent davantage de sécurité, un savoir-faire plus éprouvé.

 

Rejoindre un réseau connu, qui a pignon sur rue depuis longtemps et qui a fait ses preuves, permet au franchisé de réduire le risque entrepreneurial.

 

S'il suit à la lettre les directives de son partenaire, il a peu de risque d'échouer. En revanche, il doit jouer le jeu et accepter les contraintes.

 

Créée par un fleuriste bordelais issu de la plus pure tradition des commerçants indépendants, l'enseigne de vente de fleurs en libre-service, Le Jardin des Fleurs, a égrainé ses magasins un peu partout en France.

 

Le concept est fiable, la marque connue et reconnue. Quand il a voulu se lancer, il y a deux ans, Pascal Nescy n'a pas hésité. « Nous avons fait le tour des enseignes de fleuristerie, Le Jardin des Fleurs présentait un concept sympa, une dynamique de progrès constante avec, au programme, des ouvertures de magasin et l'évolution du concept.

 

Enfin, les moyennes de chiffre d'affaires qu'ils nous ont fournies étaient vérifiables. D'autres réseaux ont essayé de nous tromper, en incluant dans le chiffre d'affaires moyen par point de vente, les montants records effectués par de très gros magasins qui ne sont pas représentatifs de la boutique moyenne!»

 

Dans le monde de la franchise, tout semble autorisé, au moins lors de la période de séduction.

 

Alors, montrez-vous exigeant! V. M.