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L'IMAGE DE LA VENTE
Force est de constater que
la vente n'a jamais eu la cote d'amour en France. Décriée par
les consommateurs à cause du hard-selling de quelques-uns, peu
attractive pour les diplômés, la vente a longtemps accumulé des
griefs à la fois justifiés et imaginaires. Le vendeur
baratineur, menteur et séducteur cherchant à forcer la main de
ses clients n'est pourtant plus qu'une image d'Epinal. Après le
vendeur mercenaire des années 60-70, indépendant et laissé à
lui-même, puis le vendeur fantassin des années 80, le vendeur
d'aujourd'hui a pleinement acquis son grade d'officier dans
l'entreprise. Depuis plus de 10 ans, l'image du vendeur terrain
et sédentaire a considérablement évolué, à telle enseigne qu'il
existe aujourd'hui 157 appellations différentes pour qualifier
la fonction commerciale.
Dans une grande majorité de
cas, la vente s'est définitivement orientée vers le conseil au
client, la compétence technique et relationnelle, l'amabilité
ainsi que la prise de responsabilités de la part des
commerciaux. La prise de pouvoir du consommateur et la formation
commerciale commune et haut niveau des acheteurs professionnels,
a obligé le professionnel de la vente à adopter une démarche
conseil capable de déceler les attentes de ses clients et de
répondre précisément à ses besoins. En ce domaine rien n'étant
définitivement acquis, un certain nombre d'efforts et de
compétences restent toujours à approfondir, sachant que la bonne
ou mauvaise image des vendeurs reste entièrement entre leurs
mains.
QUELLE STRATEGIE COMMERCIALE ?
Les entreprises n'ont pas toutes la même stratégie d'attaque du
marché. Il y a celles dont la vente est "orientée client" (customer
oriented), de plus en plus nombreuses et celles qui ont une
vente encore "centrée produit". Chaque positionnement engendre
une incidence directe sur le profil des vendeurs. Selon le
cabinet Hay Management, les stratégies commerciales se
répartissent en 3 grandes familles, baptisées chacune du nom de
l'un des 3 plus grands généraux américains du XXème siècle :
• Le MODELE PATTON (général qui s'est notamment illustré
lors du débarquement en Normandie et à Berlin) :
Il s'agit avant tout d'être offensif en faisant du volume, en
conquérant des parts de marché et en grandissant le plus vite
possible. Dans les faits, cette stratégie conduit souvent à une
politique de terre brûlée.
• Le MODELE EISENHOWER (lequel a orchestré la victoire
globale sur le IIIème Reich) :
Il s'agit là de bâtir pour durer. L'objectif est d'investir en
profondeur son marché afin de le dominer puis de consolider les
positions déjà conquises, en continuant à gagner des parts de
marché.
• Le MODELE WEST MORELAND (commandant en chef ayant géré
le bourbier vietnamien) :
Il s'agit ici moins de gagner des parts de marché que de limiter
les pertes commerciales, humaines ou financières. La politique
adoptée est carrément défensive en essayant de gérer du mieux
possible l'existant dans le statu quo, face à des concurrents
qui eux progressent.
DES PROFILS DIFFERENTS
Il est clair qu'aucun vendeur n'a pas exactement le même profil
(sauf peut-être dans le cas de multinationales comme Rank Xeros,
Procter & Gamble…). Ce constat est rassurant dans un métier qui
nécessite des qualités personnelles hors du commun et qui fait
dire à certains : "Vendeur ? Ca ne veut rien dire ! Il faut
savoir ce qu'il y a derrière".
En réalité, ce ne sont pas les qualités innées qui font le
vendeur mais la pertinence de sa formation, lorsque celle-ci est
assortie d'une forte motivation personnelle à réussir
socialement et professionnellement. Si certaines prédispositions
sont nécessaires (goût des contacts humains, sens du
relationnel, extraversion…), le profil des commerciaux est
fortement varié et ce, d'autant plus que leur niveau de
compétences dépend directement du secteur d'activité dans lequel
ils interviennent : commerces, grande distribution, marchés
publics, transports, vente de biens d'équipements dans
l'industrie, prestations de services dans le B to B…
Aussi, l'entreprise doit-elle impérativement tenir compte de 4
éléments majeurs pour recruter ses vendeurs : son secteur
d'activité, ses produits, sa position sur le marché et
naturellement la personnalité adéquate des candidats en liaison
avec la culture de l'entreprise.
LES QUALITES DU BON VENDEUR
D'une manière générale, un bon vendeur doit posséder des
qualités qui s'apprennent parfaitement en formation et/ou par
l'expérience terrain comme par exemples :
-
une solide
culture technique,
-
un bon niveau de
culture générale,
-
la maîtrise de
techniques de communication
interpersonnelle,
-
la capacité à
défendre ses tarifs, le
sens de l'organisation et une
sensibilité particulière aux impératifs
de gestion.
-
Il doit, en outre,
posséder des qualités personnelles
qui font la différence sur le terrain, à savoir :
• Une tête bien faite
• Un état d'esprit "business"
mixant réactivité, adaptation, sens
de l'opportunisme et implication personnelle
• Une envie permanente d'apprendre,
de se former et de se tenir informé
• De la curiosité et de l'imagination
assorties d'une capacité à solutionner
seul les problèmes
• Un appétit de relations humaines
grâce à un caractère extraverti
• La capacité de se mettre à la place de
l'autre en pratiquant l'empathie, c'est à dire l'écoute
active
• Le besoin de s'affirmer, de
convaincre, d'influencer
• La combativité, la pugnacité et le
dynamisme nécessaires en vue d'atteindre ses objectifs
de résultat
• Une résistance à l'échec, des nerfs
solides et une volonté à toute
épreuve capable de dominer au quotidien les situations
récurrentes de stress
• L'ambition de réussir socialement
appuyée d'une motivation axée principalement sur l'argent,
la reconnaissance et le statut
CHASSEUR OU ELEVEUR ?
LE CHASSEUR : est un vendeur "perso" qui aime la
prospection "dure", en allant seul sur le terrain pour
convaincre (chasser la signature) et développer
quantitativement sa clientèle (rapporter des contrats). Il est
surtout stimulé par les objectifs, l'argent et la réussite
sociale tout en étant hyper sensible aux récompenses
(concours, primes, commissions…).
L'ELEVEUR : est un vendeur "soft" qui apprécie nouer et
entretenir des relations durables avec ses clients. Il est
doué pour fidéliser et développer le potentiel d'un
portefeuille clients existants, mais pas très motivé pour
"taper dans le dur" de la prospection. Il sait travailler en
équipe et utiliser l'arsenal des moyens marketing modernes mis
à sa disposition.
FAIRE PROGRESSER SON EQUIPE DE
VENTE
Vouloir améliorer l'efficacité de sa force de frappe
commerciale passe obligatoirement par une optimisation de
l'organisation et de la gestion humaine. La plupart des
commerciaux le savent bien, eux qui pour se sentir bien dans
leur peau ont besoin de règles du jeu claires, précises et
admises par tous, des objectifs personnels pertinents ainsi
qu'une mise sous pression avec 2 ou 3 priorités (pas
davantage). Il est important que chacun des objectifs soit
chiffré et daté, de manière à offrir des repères aux vendeurs
en fonction de leurs derniers résultats.
Pour la direction des ventes, il convient également de
développer des attitudes positives en misant principalement
sur la confiance et non pas sur le "flicage" ou le management
policier, lequel ne peut que faire fuir les meilleurs en
n'ayant aucune incidence durable sur la "défonce" des autres.
Pour "driver" une équipe de vente performante, il s'agit avant
tout de mettre en avant ses points forts plutôt que ses points
faibles, en s'évertuant à lui prodiguer régulièrement des
encouragements. S'il convient néanmoins d'être précis et
exigeant avec les objectifs fixés, il faut aussi savoir offrir
aux commerciaux un climat de travail serein, dans lequel ils
se sentent reconnus et valorisés. Si les commerciaux sont
sensibles aux éléments matériels de la réussite sociale, ils
ont aussi une immense soif de reconnaissance de la part de
leur hiérarchie !
LUTTER CONTRE LE SENTIMENT D'USURE
L'ensemble des commerciaux a besoin qu'on donne du relief à
leur paysage quotidien. Le ronron dans l'entreprise endort
leur velléité naturelle. Tout doit donc être bon pour créer
des occasions de stimulation (pots, réunions de vente,
concours, challenge, séminaire…) même si un usage prolongé de
ces stimulants peut induire à la longue, une dépendance voire
une démotivation. Si une réduction des coûts commerciaux est
envisagée, les économies ne doivent jamais porter sur la
diminution de la fréquence des réunions commerciales, car les
commerciaux ont besoin d'échanger régulièrement leurs
expériences et leurs difficultés.
Dans le même ordre d'esprit, chaque commercial a besoin de
faire un point hebdomadaire avec son directeur régional des
ventes (d'au moins 30 minutes, y compris par téléphone) et que
ce rendez-vous ne serve pas uniquement à "relever les
compteurs". A ce stade, l'implication du responsable
commercial doit être d'autant plus forte et appuyée que ses
commerciaux sont éloignés et passent beaucoup de temps sur les
routes. Il doit s'impliquer physiquement afin d'épauler ses
vendeurs en prise avec des négociations importantes, ou avec
un client difficile. La tournée d'accompagnement, à condition
de ne pas s'apparenter à une virée touristique ou à un
contrôle policier, reste l'outil idéal pour aider utilement le
commercial et asseoir un climat de confiance. De la même
manière, afin de renforcer sa crédibilité aux yeux de ses
troupes, le chef des ventes a tout intérêt à se préserver un
secteur de vente en conservant un contact régulier avec le
terrain.
LES 3 COMPETENCES QUI DETERMINENT
L'EFFICACITE DU VENDEUR
Selon Didier Weyne, PDG de Carnegie France, un bon vendeur
doit savoir avant tout adopter une attitude consultative
laissant le moins de place possible au bras de fer. Ce
comportement professionnel suppose la maîtrise de 3
compétences essentielles pour bien passer en clientèle :
• LA DIMENSION HUMAINE :
Le vendeur se doit d'avoir une bonne tenue vestimentaire, une
capacité d'entregent, un bon relationnel et une élocution
aisée.
• LA DIMENSION TECHNIQUE :
C'est l'architecture qui sous-tend le processus de vente. Elle
comprend l'ensemble des techniques de vente (prise de
rendez-vous, argumentation sur le produit, négociation,
conclusion…).
• LA DIMENSION PUBLIQUE :
C'est savoir parler en public à l'occasion de salons
professionnels, de conférences ou de réunions tout en sachant
maîtriser les techniques de présentation et d'animation
assistées d'outils informatiques (rétroprojecteur,
vidéoprojecteur, powerpoint…).
QUELLE FORMATION COMMERCIALE ?
Toutes les entreprises performantes sont aujourd'hui orientées
vers le client, en veillant à contrôler en permanence leur
maillon le plus faible (logistique, accueil, SAV, réclamations
…). La stratégie orientée client suppose que les commerciaux
soient particulièrement bien formés en amont. En matière de
formation commerciale, il existe 4 grands axes parfaitement
complémentaires les uns des autres.
• L'ECOLE DU MERCREDI
Les tenants de ce type de formation considèrent que le
véritable apprentissage de la vente s'acquiert sur "le tas",
en faisant ses premières armes "derrière le comptoir", en
contact direct avec le client. Le plus souvent, il s'agit
d'une méthode utilisée dans le commerce de détail ou dans les
entreprises familiales, dont le but est de mettre le pied à
l'étrier des progénitures à l'occasion de leurs temps de
loisirs (mercredi, samedi, vacances).
• L'ECOLE DE L'EXPERIENCE PERSONNELLE
Pour de nombreux praticiens, le savoir vendre s'acquiert
principalement sur le terrain, en apprenant à se débrouiller
par soi-même. Rien ne vaut donc la pratique pure et dure pour
apprendre et se forger une compétence, en utilisant les
techniques "maison", ou celles ayant déjà fait largement leurs
preuves. Le chantre initial de ce type d'école fut Marcel
Chapetin qui parcourait la France des années 60 au volant de
son Ami 6, afin de vendre ses nombreux "trucs", dont l'un des
plus connus est celui qui consiste à "laisser tomber votre
stylo, le client va le ramasser et il l'aura dans les mains
pour signer le contrat".
• L'ECOLE ANGLO-SAXONNE
Elle est essentiellement fondée sur l'écrit et sur un état
d'esprit proposant une vision positive de soi, des autres et
de la vie en général. L'essentiel de cette approche vient de
l'enseignement de Dale Carnegie considéré par les américains
comme "le père des relations humaines". Dale Carnegie (de son
vrai nom Carnagey) est né en 1888 dans une ferme du Missouri.
Il a inventé sa méthode en 1912 après avoir observé
préalablement 6.000 vendeurs. Aujourd'hui, après plusieurs
écrits best-sellers dont le fameux How to Win Friends and
Influence People "Comment gagner des amis et influencer les
gens") qui est devenu une véritable bible de la vente avec
plus de 40 millions d'exemplaires, la réputation mondiale des
stages Carnegie ont à eux seuls convaincu plus de 5 millions
de stagiaires dans 70 pays (dont +80.000 en France).
METHODE CARNEGIE POUR DEVELOPPER
LA MEMOIRE
Parmi les différentes méthodes et approches développées par
Dale Carnegie, il en est une qui dit que l'essentiel de la
confiance en soi repose d'abord sur le développement de la
mémoire. Selon lui, une bonne mémoire est le préalable pour
faire un exposé en public, pour intervenir à l'improviste sur
un sujet, pour retenir le contenu utile d'un entretien ou pour
restituer aisément ses connaissances et ses compétences.
La technique utilisée par Carnegie pour retenir les événements
et les restituer s'appelle la "technique de la chaîne
d'images" ou encore "technique des crochets de mémoire". Elle
consiste à apprendre une trentaine de mots clés puis de leur
associer le même nombre d'informations, afin de pouvoir les
restituer sans prise de notes.
1ERE ETAPE : NOTER LES PRINCIPAUX POINTS (IDEES) A EXPRIMER
Imaginez que vous devez évoquer 3 points principaux devant
votre interlocuteur. Exemple : (1) lancement de produit ; (2)
offensive d'un concurrent ; (3) budget promotion
2EME ETAPE : METTRE EN PLACE DES CROCHETS DE MEMOIRE
Un crochet de mémoire est un mot "clé", auquel on associe une
image précise et que l'on mémorise ensuite une fois pour
toute, dans un ordre numérique précis. Exemple : 1 = Bain = je
trempe dans le bain ; 2 = Zinc = j'astique le zinc ; 3 = Atre
= je jette dans l'âtre, etc.
Plus les crochets sont nombreux, moins il est recommandé de
les écrire et encore moins de les apprendre par cœur, au
risque d'avoir un trou de mémoire au moment crucial.
3EME ETAPE : ASSOCIER LES IDEES AUX CROCHETS
Cette phase essentielle consiste à procéder à "l'accrochage"
des 3 idées avec chacun des 3 crochets de mémoire. Il s'agit
alors de dire haut, fort et vite : 1-bain : je trempe mon
produit dans le bain ; 2-zinc : j'astique le zinc de mon
concurrent ; 3-âtre : je jette le budget promotion dans
l'âtre, etc…
4EME ETAPE : RESTITUER LES IDEES EN ENONCANT LES CROCHETS
Avec un peu d'entraînement, il devient alors aisé de retrouver
chaque grande idée du discours en se remémorant simplement les
crochets.
LA FORMATION 360°
Ce type de formation souvent haut niveau s'applique à des
professionnels ayant déjà plusieurs années d'expériences dans
l'entreprise, mais pas forcément en vente. Elle repose sur une
pédagogie basée sur la théorie dite positive, laquelle est
destinée à favoriser à la fois : une prise de conscience large
de la problématique, une profonde confiance en soi, l'usage de
techniques et d'outils influents, ainsi qu'un travail de
synthèse pertinent et utile sur le savoir-faire nécessaire.
Cette approche commerciale à 360° (valable surtout en
négociation vente/achats) est conçue pour donner de la hauteur
de vue aux commerciaux, ainsi que de la puissance en
mobilisant leur talent, leur intelligence et leurs potentiels
dans une dimension à la fois stratégique et tactique et non
plus seulement technicienne.
RENDRE LE SALAIRE PLUS MOTIVANT
Un clou s'enfonce mieux avec un marteau qu'avec un tournevis.
Ce type d'image définit assez bien la manière de motiver un
commercial, montrant qu'après le management et l'art de
motiver les équipes, c'est bien le système de rémunération qui
fait la différence pour faire décoller les résultats. Le
système de rémunération idéal est celui qui sert le mieux la
politique commerciale de l'entreprise, surtout lorsqu'il
s'apparente à une fusée avec ses 3 étages et ses boosters.
PREMIER ETAGE : C'est le salaire fixe de base, dont
l'objectif premier est de rémunérer des missions permanentes
comme par exemple, les visites aux clients et la réalisation
d'offres commerciales.
SECOND ETAGE : Il correspond à la partie variable et
récompense les résultats obtenus en fonction du CA obtenu, du
nombre de ventes réalisées ou encore les facteurs de résultat
qui ont fait vendre.
TROISIEME ETAGE : Appelé aussi rétribution alternative,
il comprend les primes accordées aux performances
exceptionnelles, ainsi que les récompenses liées aux
challenges et concours.
LES BOOSTERS : Ce sont les "carburants " qui permettent
à la fusée de décoller. Pour un commercial, il s'agit
généralement de tous les avantages annexes que peut proposer
l'entreprise : avantages en nature, avantages sociaux
supplémentaires, cadeaux, voyages…
LE VARIABLE, UN LEVIER DE
PERFORMANCE
Véritable outil de gestion de la performance, la partie
variable joue le rôle d'incentive et de levier, en poussant
les vendeurs à atteindre et à dépasser leurs objectifs. Le
variable est constitué de primes ou de commissions (fixe sur
le CA sans obligation de résultat minimal) ou le plus souvent
d'un panachage des deux. Selon une étude de l'Apec menée en
1997, la partie variable représente en moyenne 25% de la
rémunération globale des commerciaux, sachant qu'elle n'est
que de 21% lorsqu'elle est régie uniquement par des primes et
de 34% dans les entreprises qui utilisent un système de
commission.
La rémunération variable peut être définie selon des objectifs
quantitatifs (objectifs de croissance du CA, marges brutes,
nouveaux clients…) ou qualitatifs (fiabilité des prévisions,
fidélisation des clients, créativité, réactivité sur les
campagnes promotionnelles…) mais également, selon la
performance individuelle ou collective (travail de l'équipe
qui a crée un environnement favorisant la transaction).
D'après les professionnels de la rémunération des vendeurs, la
part idéale du variable se situe entre 10% et 40% de la
rémunération selon le secteur d'activité, sachant que l'écueil
principal d'un variable trop fort est qu'il a tendance à
inciter les commerciaux à vendre à tout prix en réduisant
l'efficacité globale de la prestation.
Pour d'autres responsables commerciaux, un petit fixe et un
gros variable (+50%) présentent l'avantage d'être
autoépurateur en permettant de conserver les bons commerciaux
(surtout dans les cycles rapides de vente), alors qu'un
rapport 80% fixe/20% variable est beaucoup moins significatif
de la performance intrinsèque des vendeurs (sauf si le fixe
est déjà confortable ou que la durée du cycle de vente est
longue et complexe).
LES CRITERES DU VARIABLE
L'étude menée par l'APEC concluait également que 68% des
entreprises interrogées basent la partie variable de la
rémunération sur le chiffre d'affaires et que parmi elles, 31%
la fondent également sur la marge, alors que seulement 19%
utilisent le volume ou les quantités vendues. Pour un grand
nombre d'entreprises utilisant le système des primes, la
mesure de la performance s'applique surtout à partir du
résultat obtenu en liaison avec l'objectif initial. Ainsi, 50%
des entreprises utilisent l'atteinte de l'objectif comme
résultat minimal pour la partie variable et 14% se basent sur
l'accroissement du CA. 1/3 des entreprises liées à un système
de commissions se contentent de la pratique de la partie
variable sans résultat minimal.
• Pratiques réalisées dans le B to B en fonction des
secteurs d'activité :
La partie variable représente, en moyenne, dans la
rémunération globale des commerciaux…
12% pour les technico-commerciaux (vente de matières
premières de base et de produits semi-œuvrés
14% pour les technico-commerciaux (avec clients
distributeurs)
22% pour les ingénieurs commerciaux de biens
d'équipements
23% dans la grande distribution
24% dans les SSII
25% pour les délégués commerciaux
27% pour les commerciaux travaillant avec des
distributeurs spécialisés (parfumerie, édition, habillement)
29% dans les télécommunications
31 à 32% pour les attachés commerciaux techniques
(petites fournitures, services ni intellectuels ni financiers)
32% dans l'équipement de la maison
32% dans l'assurance, l'immobilier, les services
financiers
35% pour les ingénieurs commerciaux de matériels de
bureau
37 à 40% dans le Hign Tech
50% dans l'automobile
61% dans la bureautique
100% dans la lingerie, livres, vin, porte-à-porte
Sources : Apec – Action Commerciale
Techniques utilisées par les vendeurs d'élite
DU MYTHE A LA REALITE
La vente regorge de trucs, de ficelles et de méthodes pour
amener un prospect à acheter, après avoir exercé sur lui une
influence décisive. Le mythe du vendeur "génial" qui renverse
totalement une situation et/ou transforme à 180° l'état
d'esprit d'un prospect grâce à ses dons personnels, ressort de
l'illusionnisme et de l'imposture intellectuelle.
Il ne faut pas oublier qu'un bon vendeur pour arriver à ses
fins doit obligatoirement disposer en face de lui d'un
prospect qui soit consciemment ou inconsciemment ; aujourd'hui
ou plus tard ; avec lui ou avec un concurrent ; pour ce
produit ou pour un autre, prêt à s'engager d'une manière ou
d'une autre dans un acte d'achat. En fait, pour qu'un acte de
vente fonctionne il faut obligatoirement la préexistence d'un
besoin latent, affiché ou non de la part du prospect.
La véritable compétence du vendeur consiste pour le principal
à assumer plusieurs rôles simultanément. Il s'agit d'abord
pour lui d'identifier précisément le besoin du client
(renseignement militaire), de faire accoucher en douceur ce
besoin (maïeutique, gynécologie), de pratiquer une relation de
confiance (psychothérapie) en stimulant les dimensions
cognitives, affectives, sensorielle et/ou d'imagination du
prospect, d'agir comme un praticien (médecin) en exerçant un
parfait diagnostic sur "l'état de santé" du ou des besoins de
son client afin d'y apporter la médication nécessaire
(argumentaire), tout en adaptant avec réalisme ses conditions
contractuelles (pilote, gestionnaire, manager de terrain)
et/ou en dramatisant la situation (comédien).
Dans le plus facile des cas (vente sédentaire), il s'agit
alors pour le commercial de renseigner et de conseiller
utilement le visiteur, en exerçant sur lui un minimum de
psychologie et de qualité relationnelle, afin de ne pas
bloquer son envie d'acheter, sachant que celui-ci a déjà fait
l'essentiel de l'effort en se déplaçant.
LES BONS TRUCS DES VENDEURS D'ELITE
L'art de la vente procède essentiellement du bon sens et de
l'intelligence relationnelle. Hormis une connaissance
suffisante des produits vendus, tout actif motivé peut faire
de la vente en s'inspirant utilement des milliers de conseils
de bon sens accessibles dans plus d'une centaine d'ouvrages
disponibles partout. Afin de résumer l'essentiel de la vente,
des commerciaux d'élite ont résumé l'essentiel de leur art
dans quelques règles majeures :
1. L'automotivation
Elle consiste à avoir en permanence "la pêche" en faisant de
l'exercice physique, en s'allouant régulièrement des sources
de plaisir et surtout en croyant dur comme fer à l'intérêt de
ses produits. La confiance et la croyance que met le vendeur
en l'intérêt de ses produits transparaît toujours aux yeux de
ses clients, amplifiant naturellement ses chances de réussite.
2. Le plan de tournée détaillé
Pierre angulaire de la vente terrain, celui-ci doit rester
coercitif afin de rester gage d'efficacité. Il est d'abord
nécessaire de réduire le temps passé en voiture en établissant
un plan de tournée précis. Il convient ensuite de privilégier
la télévente pour les petits clients, en effectuant un tri de
type ABCD. Il est enfin recommandé d'adopter une fréquence de
visite différente selon le coût, la rentabilité et le
potentiel de chaque client, ainsi que de favoriser le travail
en tandem avec un sédentaire (assistante commerciale, binôme
chasseur-éleveur).
3. La prescription
c'est développer une chaîne d'amitié avec ses clients (ou
prospects) en faisant d'eux des prescripteurs, de façon à ce
qu'ils puissent indiquer d'autres contacts possibles dans leur
propre réseau de connaissances.
4. Les ratios d'activité
Ils permettent de prévoir en amont les chiffres qui conduisent
en aval à un nombre de visites ou à des types d'actions
nécessaires, afin de pouvoir atteindre un objectif déterminé
de contrats. Il est évident que du bon usage des statistiques,
il est possible de programmer plus pertinemment encore les
efforts à accomplir.
5. La préparation de la vente
Ne jamais improviser une vente. La règle d'or est d'analyser
le dossier client à l'avance (affaires en cours, volumes,
historique du précédent passage…) en formalisant les objectifs
de l'entretien. Il est également nécessaire de "bétonner" à
l'avance, les réponses aux éventuelles questions et objections
à venir.
6. La veille concurrentielle
Il s'agit d'établir en marge des rapports hebdomadaires, des
fiches terrain contenant des renseignements sur la
concurrence, ses nouveaux produits, ses initiatives ou l'état
de sa force de vente. Une lettre mensuelle est ensuite éditée
en interne puis adressée à l'ensemble des commerciaux, afin de
les tenir informés des manœuvres de la concurrence.
7. Se former régulièrement aux nouveaux produits
L'objectif est de renforcer, au minimum 1 à 2 fois par an, la
compétence des vendeurs sur les nouveaux produits et/ou sur
des techniques ciblées de vente, dans le double but de
maintenir un bon niveau de confiance en soi et d'être capable
de vendre mieux et plus cher.
8. Défendre son prix
La valeur ajoutée d'un vrai vendeur consiste à défendre autant
son prix, qu'à prendre des commandes. Pour éviter de tomber
dans une négociation de type "remise bête et méchante", il
faut savoir vendre "le produit du produit du produit", c'est à
dire la valeur ajoutée que le client et en droit de retirer de
la technologie ou du service en cause.
Avec un exemple pris dans le secteur de la photocopie, il ne
s'agit plus de vendre le copieur (produit) mais la qualité de
la copie (produit du produit) et encore mieux, le gain réalisé
par l'entreprise en chiffres d'affaires et/ou en économie sur
une période déterminée (gains réalisés grâce à la qualité des
documents et par l'absence de problèmes ultérieurs (produit du
produit du produit).
9. Expliquer les gains de productivité réalisés par l'un
des concurrents du client
Il s'agit de décrire précisément les économies réalisées en
faveur d'entreprises du même secteur d'activité que le client
en question, en fonction du matériel proposé. L'accent est
alors mis par le vendeur sur l'image de marque de ses produits
et les références clients.
10. Occuper le terrain
Pour un vendeur d'élite, le principe est simple : le vrai
business ne se fait ni au bureau ni même au téléphone mais sur
le terrain. L'objectif est alors de passer au moins 2/3 de son
temps dans les locaux des clients.
11. Analyser l'échec
Lorsque l'on n'emporte pas une affaire, il faut se demander
toujours pourquoi celle-ci a échoué afin de ne pas perdre une
seconde fois face à la concurrence. Rappelons que les
meilleurs vendeurs baignent constamment dans un échec relatif,
avec en moyenne 7 affaires sur 10 manquées pour 3 réussies. La
signature d'1 affaire sur 10 prospectées est d'autre part
monnaie courante pour la plupart des commerciaux.
12. Ne pas ignorer le client, une fois le contrat signé
Le "hard selling" est une démarche sans avenir dans le B to B.
Il vaut largement mieux fidéliser ses clients, car cela coûte
beaucoup moins cher que de conquérir de nouveaux clients. Même
en ayant rien à vendre à un client pendant 1 ou 2 ans, il est
néanmoins recommandé de garder le contact avec lui, afin de
l'inciter à revenir spontanément faire son renouvellement
lorsqu'il en ressentira le besoin.
13. Faire parler le client
C'est la colonne vertébrale de l'entretien, d'autant plus que
le manque d'écoute est un peu le mal chronique chez de
nombreux vendeurs qui ne prennent pas le temps nécessaire pour
s'intéresser vraiment aux attentes de leurs clients. L'écoute
est d'autant plus primordiale que le prospect met souvent
plusieurs dizaines de minutes avant de se décider à livrer des
informations utiles, c'est à dire celles qui vont permettre de
développer le bon argumentaire de vente.
14. Amener le client à énoncer lui-même ses besoins
L'idéal est de susciter l'envie d'acheter chez son client sans
qu'il s'en rende compte. Parmi les principales techniques
utilisées, il y a celles qui consistent à proposer l'opposé de
ce que demande le client ou encore de taper volontairement à
côté, afin de l'amener à exprimer plus clairement ses attentes
et/ou choisir le médian de l'offre. Une autre technique
baptisée l'entonnoir consiste à partir d'une vision
généraliste de la situation d'un client type, jusqu'à
resserrer progressivement l'exposé afin que le prospect
s'implique automatiquement en évoquant les besoins de son cas
particulier.
15. Se focaliser sur la réponse au besoin
Le bon vendeur est celui qui donne le sentiment d'acheter un
produit sur-mesure, même si ce n'est pas le cas. Pour cela une
seule solution : avoir clairement défini 2 ou 3 attentes clés
du client puis lui démontrer que les caractéristiques du
produit y répondent parfaitement.
16. Proposer directement une solution
La "peur de gagner" au moment de faire signer le bon de
commande entraîne chez de nombreux commerciaux, le réflexe
craintif de jouer "petit bras". Pour éviter ce genre de doute,
la meilleure solution consiste après avoir levé les
principales objections du client, à faire une proposition
directe comme par exemple : "je vous en livre combien ?, je
vous l'installe quand ?" ou encore, s'obliger à sortir le
contrat en vue d'en lire quelques clauses.
17. Accrocher le client
Pour obtenir une information par téléphone (nom d'un
responsable, coordonnées…) il est recommandé de faire preuve
de franchise, en n'envisageant même pas que l'on puisse vous
refuser ce type de renseignement anodin. Il ne faut jamais
oublier que la personne que l'on a au bout du fil est une
femme ou un homme comme tout le monde, qui n'a aucun intérêt
particulier à vous empêcher de faire votre travail.
18. Décrocher un rendez-vous
La technique de l'alternative fonctionne assez bien, à
condition de la manier avec finesse. Exemple : "je suis dans
votre secteur lundi après-midi ainsi que jeudi matin, quelle
date vous conviendrait le mieux cette semaine ?". Une autre
technique consiste à faire le pari de la franchise (en évitant
tout baratin) en demandant poliment et humblement si le
prospect "accepterait de vous recevoir tel jour durant une
"petite" demi-heure".
19. Valoriser la secrétaire
Les barrages les plus difficiles à franchir sont souvent ceux
que l'on se crée soi-même. C'est du moins l'avis d'une
majorité de commerciaux qui préconisent de présenter avec
assurance sa demande de rencontre avec le responsable, sans
même essayer de louvoyer avec la secrétaire ou l'assistante.
Pour d'autres, le mieux est d'écrire très précisément son
argumentaire avant de décrocher le téléphone afin d'être le
plus pertinent quant aux arguments utilisés.
Devant un refus, il est également recommandé de rester aimable
tout en sachant faire preuve de fermeté, en refusant par
exemple d'adresser une documentation sous prétexte que c'est
"un acte inutile que je n'accomplirai pas". Une autre
technique consiste à appeler très tôt le matin ou très tard le
soir, afin de se donner une meilleure chance de tomber
directement sur son correspondant. Une autre ruse de sioux
consiste à changer le dernier chiffre du numéro du standard,
en sachant tomber pertinemment sur un interlocuteur étranger.
En demandant à parler à M. Untel, il n'est alors pas rare que
la personne réponde que vous vous êtes trompé de numéro et
qu'elle vous transfère directement vers la personne désignée,
sans ne poser aucune question.
20. Eviter les pièges habituels de la vente
• Remettre sa carte de visite à la fin de l'entretien, car
alors le risque d'oublier devient important.
• Accepter un rendez-vous au pied levé entre 2 portes, sachant
que l'on n'a jamais signé de contrat "à la verticale" sur le
pas de la porte.
• Commencer par s'excuser en sachant que "qui s'excuse
s'accuse" en employant des formules du type : "je ne veux pas
abuser de votre temps ; excusez-moi de vous déranger…".
• Débuter l'entretien dans le couloir ou alors que son
interlocuteur est inattentif (rédige une note, consulte un
agenda, range un dossier…) même si ce dernier invite à le
faire.
• Parler directement de son produit sans s'être renseigné
préalablement sur les attentes et les préoccupations de son
prospect.
MOTIVATION, LES TECHNIQUES QUI FONT LA DIFFERENCE
Vers le milieu des années 90, une petite annonce destinée à
recruter un commercial informatique pouvait drainer jusqu'à
250 candidatures, actuellement seulement une dizaine se
manifestent. Pour attirer les meilleurs vendeurs, certaines
sociétés en viennent à promettre à l'instar des clubs de
football, un "bonus" à l'embauche pouvant représenter de 6
mois à un an de salaires. D'autres utilisent des "carottes"
sélectives afin de motiver, attirer et garder leurs meilleurs
vendeurs. Dans tous les cas, la motivation de la force de
vente requiert un savant dosage entre plusieurs ingrédients.
18 idées de "carottes" efficaces destinées à la motivation
des supervendeurs (et des cadres à fort potentiel) :
• Un fixe important plutôt qu'un minimum garanti (dans le cas
d'un cycle de vente long)
• Un écart de 1 à 3 entre les vendeurs les plus performants et
les "bras cassés"
• La voiture de fonction haut de gamme (plus on monte dans la
hiérarchie des vendeurs, plus le modèle devient alléchant)
• L'accélérateur de commission (plus le commercial dépasse ses
objectifs et plus le taux de commission est élevé)
• Des primes trimestrielles plutôt qu'annuelles<
• Le bonus performance attribué sur la base de critères
objectifs et qualitatifs, comme par exemple : la satisfaction
client
• Les coudées franches (donner un maximum d'autonomie et de
délégation avec possibilité de faire pression en interne)
• La dotation d'un équipement digne de ce nom (ordinateur
portable et/ou fixe à domicile, mobile dernière génération…),
aménagement de bureau personnalisé (ergonomie et décoration
tendance)
• La perspective de grimper rapidement l'échelle, de faire une
carrière brillante (management d'une équipe)
• Le titre de "master" vendeur (passage assorti de l'obtention
d'une clientèle plus réduite mais d'un montant plus important,
de la gestion de comptes clés avec passage au statut cadre ou
à l'indice supérieur)
• La création d'un club des meilleurs vendeurs (avec l'écoute
réelle du patron sur la stratégie de l'entreprise)
• La distribution de stock-options, intéressement aux
résultats de l'entreprise, épargne salariale
• La promotion interne (palmarès, trophées, affichage des
résultats du mois, photo dans le hall d'accueil, articles dans
le journal d'entreprise, envoi à domicile des informations sur
les performances, impliquer les conjoints pour les
récompenses…)
• La diversification des objectifs des concours (à la journée,
durant l mois, 1 trimestre, faire gagner le plus grand nombre
sur un laps de temps court, challenges avec sélections
élitistes afin de faire sortir du lot les meilleurs éléments…)
• Des sessions régulières de formation à la fois courtes et à
fort contenu, permettant de renouveler et d'améliorer le
savoir-faire pratique
• Des voyages de rêve inoubliables avec le conjoint (en
récompense d'un concours annuel ou d'un challenge précis)
• Des réductions sur les produits vendus par l'entreprise ;
tarifs préférentiels chez certains partenaires (voyages, taux
de crédit à la banque…) ; services de proximité (réservation
d'hôtels, restaurants, transports, spectacles…)
• La grand-messe (ou convention) qui réunit l'ensemble du
réseau de vente
• Mise à disposition d'une salle de sport intégrée, activités
internes…
UN P.A.C.T.E POUR LES OBJECTIFS
La Cegos a mis en place une méthode qui permet de conclure un
P.A.C.T.E d'objectifs entre le manager et ses vendeurs.
D'après Serge Cogitore (directeur au centre de formation de la
Cegos) "en fixant un objectif trop faible, le risque qu'il ne
soit pas atteint est presque aussi élevé que s'il est trop
fort. Cela prouve qu'avant d'être un chiffre, un objectif est
surtout un levier de motivation".
• P comme Progression en chiffres d'affaires à réaliser par
rapport à l'année précédente.
• A comme adapté au marché, au client et l'expérience du
vendeur, sachant que l'objectif de progression doit être
forcément individualisé.
• C comme concret avec un objectif mesurable à tout moment par
le vendeur.
• T comme Transparent avec un système d'évaluation clair
évitant tout risque de suspicion dans l'équipe.
• E comme Echéancé avec un avancement d'objectifs cadencé
selon des périodes précises (hebdomadaires, mensuelles,
trimestrielles)
Comment bien animer une réunion de vente ?
POURQUOI DES REUNIONS DE VENDEURS ?
La raison tient d'une part, à la personnalité particulière du
vendeur et d'autre part, à la nature même du métier qu'il
exerce. Il est évident qu'un vendeur est sujet, plus que tout
autre, à l'inquiétude que provoque l'absence de contacts
réguliers et le manque d'informations. Seul et isolé, loin de
la communauté constituée par le personnel de l'entreprise, il
subit le stress des rendez-vous non respectés, celui des
longues attentes chez les clients, sans compter les
contraintes et les obligations administratives imposées par sa
propre entreprise. Il assume le découragement lié aux espoirs
d'affaires déçus et aux relations tendues, dans lesquelles il
doit prendre sur lui.
Fantassin placé en première ligne, il reçoit tous les coups
sans savoir trop bien ce qui se prépare à l'arrière. Il est
par conséquent naturel que le vendeur ressente le besoin
d'exprimer ses difficultés, de confronter ses expériences avec
ses collègues, de se rassurer en échangeant son expérience
avec les autres et de rechercher l'information en se mettant
au courant des activités, des résultats et des projets de son
entreprise.
5 TYPOLOGIES DE REUNION
La réunion de vente, qu'elle soit régionale ou nationale, est
organisée plusieurs fois par an, voire dans certains cas tous
les mois. Son but consiste généralement à faire le point sur
l'activité, d'analyser les écarts par rapport aux objectifs,
de rechercher les mesures correctives, de recueillir des
informations du terrain et d'en apporter de nouvelles aux
vendeurs. Il peut s'agir également d'un lancement de produit,
d'une transmission de directives, d'une recherche de solution,
d'un brainstorming ou encore d'une table ronde.
Il existe en fait, 5 grandes typologies de réunion ayant
chacune un objectif distinct.
1. LA REUNION DESCENDANTE SANS PARTICIPATION DE L'AUDITOIRE
Elle s'effectue selon un mode directif ou magistral amenant
les participants à une simple écoute passive. Elle concerne en
général, la transmission d'informations, de directives, de
décisions, l'exposé de résultats, de conclusions, de règles du
jeu ou une formation sur un sujet technique.
2. LA REUNION DESCENDANTE AVEC PARTICIPATION DE L'AUDITOIRE
Elle repose sur un feed-back avec les participants, assortie
d'une réactivité avec le jeu des questions-réponses. Elle
recouvre habituellement le briefing avant l'action, l'exposé,
la discussion ou encore la conférence-débat.
3. LA REUNION ASCENDANTE
Elle entraîne une forte activité dans les échanges mais une
faible mobilisation vers l'action. De nature investigatrice,
ce type de réunion correspond au principe des tables rondes,
des interviews de groupe et des recueils d'informations.
4. LA REUNION RESOLUTIVE
D'un mode particulièrement actif, elle s'applique aux études
de cas, aux discussions-réflexions, aux recherches de
solutions ou de concessions, ainsi qu'aux réunions de
formation/perfectionnement. La participation est
habituellement importante avec une forte mobilisation active,
en vue de résoudre des problèmes ou de se préparer à l'action.
5. LA REUNION CREATIVE
C'est le type de réunion particulièrement mobilisante
(brainstorming, créativité) dans laquelle les participants
recherchent collectivement des idées ou des solutions
nouvelles.
LES GRANDES 5 PARTIES DE LA
REUNION
Selon Marc Corcos, directeur général adjoint du cabinet CAA et
auteur du livre "Réussir vos réunions commerciales" paru aux
éditions Dunod, une réunion de vente doit se décomposer en 5
parties plus ou moins formelles : le vidage de sac, l'analyse
des résultats, le coup d'accélérateur, une occasion
d'enrichissement professionnel et la mise au point d'outils de
fonctionnement.
1. PRATIQUER LE VIDAGE DE SAC
Cela consiste en début de réunion, à organiser un tour de
table pour permettre à chacun de s'exprimer librement sur ce
qu'il a constaté dans son activité professionnelle depuis la
dernière réunion (difficultés rencontrées, action marquante de
la concurrence, retard dans les livraisons d'usine…).
Deux méthodes sont possibles pour organiser ce tour de
table :
• Chacun s'exprime comme il veut quand il le veut
L'avantage est la spontanéité et la liberté de discussion.
L'inconvénient est que seuls les leaders du groupe
s'expriment, tandis que les plus réservés ne font que
reprendre en écho les propos de ceux qui se sont accaparé en
premier la parole.
• Le tour de table qui commence par un bout et se termine à un
autre
L'avantage est le côté ordonné et méthodique qui limite le
brouhaha, les surenchères et les oppositions trop fortes.
L'inconvénient est que les vendeurs ne disent pas réellement
ce qu'ils ont sur le cœur, réduisant la captation du vrai
climat régnant en début de réunion.
Les principaux avantages :
• Mettre à l'aise rapidement les commerciaux en leur donnant
d'entrée de jeu un sentiment de liberté d'expression, tout en
évitant qu'ils aient l'esprit monopolisé par cette
préoccupation tout au long de la réunion.
• Libérer les tensions sous-jacentes qui se seraient
manifestées tôt au tard et qui auraient pu perturber la
réunion à un moment non propice.
• Indiquer la "température" du groupe avant d'entamer le
principal de la réunion.
• Saisir les préoccupations dominantes des uns et des autres,
en vue de modifier ou de compléter le contenu du programme de
la réunion.
Recommandations pour réussir :
• Annoncer dès le début le temps consacré au vidage de sac et
le rappeler régulièrement, afin que chacun n'outrepasse pas
son temps de parole.
• Lancer le vidage de sac par une formule du type : "Depuis
notre dernière réunion, vous avez rencontré pas mal de
clients. Quels sont les faits saillants sur lesquels vous
voudriez que l'on discute pendant 30 minutes ?".
2. ANALYSER LES RESULTATS OBTENUS
Partant du principe que chaque vendeur est concerné par les
résultats, les indicateurs évoqués doivent surtout concerner
ceux ayant trait à l'ensemble de l'activité de la force de
vente. Les résultats individuels détaillés sont discutés
ultérieurement, en tête à tête, entre le responsable et chaque
vendeur.
La meilleure méthodologie pour aborder cette seconde phase
consiste à :
• Présenter les résultats par grande masse et d'une manière
synthétique.
• Mettre en évidence les écarts les plus caractéristiques par
rapport aux objectifs
• Rechercher les causes en commun
• Présenter les éléments factuels permettant d'en éclairer
certains (ratios d'activités, couverture de cibles, nombre de
visites effectuées, montant moyen des commandes…)
• Discussion sur les solutions possibles
• Choix des actions à entreprendre
• Définition des tactiques à adopter et des moyens à mettre en
oeuvre
Recommandations pour réussir :
• Demander aux commerciaux d'identifier les écarts qui
résultent de leur propre action (insuffisance de visites, non
respect d'une argumentation, introduction difficile dans un
segment de marché, commandes inférieures à ce qui était
prévu...) tout en sachant que la tendance habituelle du
vendeur est de faire porter le chapeau aux autres (marketing,
concurrence, service livraison, clients…)
• Eviter de commenter dans le détail les résultats, lorsque
ceux-ci sont conformes aux prévisions
• Eviter de noyer l'auditoire dans une multitude de chiffres
en identifiant uniquement les écarts les plus caractéristiques
• Entourer ou souligner le chiffre sur lequel on souhaite
attirer l'attention
• Ecrire en rouge les chiffres négatifs, en bleu les chiffres
positifs
• Au rétroprojecteur, utiliser un cache ne laissant apparaître
que les chiffres utiles à la discussion
• Présenter peu de chiffres en supprimant les virgules et les
décimales
• Faire des présentations visuelles (histogrammes, graphiques,
courbes)
3. DONNER UN COUP D'ACCELERATEUR
Remobiliser la force de vente autour de l'atteinte d'objectifs
reste le principal enjeu de la réunion. Les 3/4 du temps
doivent donc être consacrés au "coup d'accélérateur", phase
cruciale qui comprend 5 buts et 3 parties :
Les 5 buts :
• Regonfler le moral des troupes
• Recentrer l'effort sur les actions, les clientèles et les
produits prioritaires
• Réduire les difficultés rencontrées sur le terrain
• Apporter de l'information complémentaire
• Entraîner les vendeurs à la maîtrise des techniques de vente
et de négociation, ainsi qu'à l'acquisition de réflexes et
d'automatismes pour être plus incisifs et convaincants en
clientèle
Les 3 parties :
• La partie théorique qui alterne les exposés, les
discussions, les contrôles de connaissances et apporte des
informations complémentaires sur les marchés, les clientèles,
les concurrents ou les produits.
• La partie échange centrée sur la mise en forme des
arguments, des tactiques à adopter face à certaines situations
particulières, l'élaboration des réponses face aux objections
ou la manière de présenter les prix…
• La participation à un jeux de rôle, à des simulations, à des
études de cas ou à des exercices d'application, afin d'inviter
les commerciaux à bien utiliser ce qui a été vu précédemment.
Un bon exercice concret est de faire rechercher par groupes de
3 ou 4, toutes les objections possibles et/ou les situations
difficiles en travaillant sur les réponses à apporter.
La méthodologie suivante peut être envisagée :
• Identifier la véritable objection qui se cache derrière
l'objection émise.
• Rechercher les causes possibles
• Faire la liste des arguments qui peuvent être développés
selon 3 cas de figure : objection sincère et fondée, objection
sincère et non fondée, objection non sincère et non fondée
• Compléter par des faits chiffrés, des preuves, des
références vérifiables
• Rédiger la réponse en la formulant de manière à convaincre
les clients sans qu'ils aient le sentiment d'être contredits
Recommandations pour réussir :
• Commencer par faire avec les vendeurs un inventaire des
difficultés rencontrées, afin que l'information apportée ne
soit pas vécue comme un pensum théorique mais comme une
réponse à leurs difficultés.
• Faire dans certains cas un contrôle préalable des
connaissances sous forme de QCM (questions à choix multiples)
sur des feuilles anonymes, afin de faire prendre conscience
aux vendeurs de leurs éventuelles lacunes sur le sujet. A
partir du constat de leurs principales faiblesses, ceux-ci
deviennent alors demandeurs d'informations pour être mieux
armés en clientèle.
• Préparer l'intervention de chefs de produits ou de
techniciens venant d'autres services, en leur demandant
préalablement comment ils comptent mener leur exposé. Le but
est d'éviter malgré leurs compétences techniques certaines et
une bonne volonté de leur part, d'aborder des points de détail
inutiles ou qui risqueraient de gâcher la réunion par un
manque de pédagogie ou d'actualité.
• Dégager les points clés du discours de chaque intervenant en
essayant de montrer l'intérêt du sujet présenté, d'attirer
l'attention sur les aspects essentiels à retenir et/ou donner
des conseils pour une application réussie sur le terrain.
4. AMELIORER LES COMPETENCES PROFESSIONNELLES
La réunion est un lieu privilégié pour améliorer la culture
professionnelle et la qualification relationnelle des
vendeurs. Cette partie qui doit durer un minimum de 30
minutes, ne doit pas être présentée comme un sous-produit de
la réunion ou comme un bouche-trou. Pour cela il est
nécessaire de s'investir pleinement, afin que les exposés
soient de qualité et que ceux qui les animent apportent un
véritable "plus" aux commerciaux. L'un des dangers
d'interventions ou de formations inintéressantes, bâclées ou
mal préparées est qu'elles risquent de compromettre
ultérieurement l'implication motivée des vendeurs.
Aussi, la liste des thèmes à traiter peut être utilement
établie par les vendeurs eux-mêmes, lesquels se sentiront
alors plus concernés et plus attentifs durant les exposés.
L'animation des sujets sera assurée soit par le directeur des
ventes, un vendeur, un intervenant d'un service interne
(formation, marketing, financier, comptable, ressources
humaines…), par un fournisseur (sujet technique) ou par un
spécialiste extérieur.
Exemples de thèmes possibles à aborder durant cette phase :
• Les techniques de vente
• L'expression orale
• La négociation face à un groupe d'acheteurs
• La recherche des besoins et des attentes du client
• L'autodiagnostic du style de vente et de communication
• L'efficacité personnelle : gestion de son temps, analyse
transactionnelle, affirmation de soi…
• La lecture de la santé d'une entreprise type (bilan, compte
d'exploitation…)
• L'incidence d'une attitude commerciale trop laxiste sur la
trésorerie de l'entreprise (exemples d'effets négatifs liés à
l'allocation de certaines remises)
5. MISE AU POINT D'OUTILS DE FONCTIONNEMENT POUR L'EQUIPE
La réunion de vente est une excellente plate-forme de travail
afin que les vendeurs créent, modifient ou complètent les
outils de fonctionnement qui leur sont utiles pour mieux
vendre ou mieux s'organiser (brochures, rapport de visite,
argumentaire…). Il n'est pas rare en ce domaine, que les
vendeurs contestent, critiquent, utilisent mal ou rejettent
des outils dont ils n'ont pas toujours compris l'utilité et
dont ils remettent en cause l'intérêt.
Pour réussir cette séance de travail qui permet de plancher
collectivement sur la mise au point d'outils "maison", il est
recommandé de scinder l'équipe de vente en sous-groupes. Cette
organisation a le mérite de réaliser un travail plus rapide,
plus consistant avec une diversité de solutions.
Chaque séance doit comprendre 5 parties :
• Aborder l'intérêt de l'outil, de la méthode ou de la
procédure à élaborer
• Lister les avantages et les inconvénients de ce qui existait
précédemment
• Enumérer les manques constatés
• Définir l'objectif du travail demandé
• Envisager les contraintes et les modalités d'élaboration
dans chaque sous-groupe en s'appliquant à respecter 3 règles :
1. Produire des idées en vrac sans essayer de les hiérarchiser
ou de les sélectionner
2. Sélectionner avec les vendeurs uniquement ce qui est utile
et facile à employer
3. Mise en forme des principes actifs de l'outil, sachant que
la finalisation pourra être laissée au bon soin du service
marketing
RENDRE LA REUNION VIVANTE
La pratique chronique des réunions (réunionites) a souvent
pour effet de blaser définitivement les participants. Pour
éviter que la dynamique de groupe ne s'éteigne et ne fasse le
lit d'une passivité polie cachant plus ou moins d'hostilité ou
de désintérêt, il est vivement recommandé d'oxygéner chaque
réunion et en leur donnant une intensité propre :
13 conseils pratiques :
1. Changer régulièrement le lieu de la réunion en fonction
de l'importance des sujets abordés. Pour les réunions
régionales, le mieux est de changer de région dans un endroit
choisi par un vendeur du secteur.
2. Varier les méthodes d'animation, afin qu'aucune
réunion ne ressemble véritablement à la précédente : changer
les interlocuteurs, aborder des thèmes différents, accepter
les tenues décontractées, faire changer de places les
participants afin d'éviter les habitudes, faire applaudir les
intervenants…
3. Utiliser des outils de qualité, transparents au
graphisme soigné, diapositives ou films haute définition.
4. Valoriser les vendeurs les plus performants en leur
demandant de co-animer une partie de la réunion, de faire le
compte-rendu, de raconter à leurs collègues une affaire
réussie particulièrement difficile, de traiter un sujet ou de
conduire un débat ou une discussion de groupe.
5. Aménager une partie détente (1/2 heure à 1 heure),
afin que les vendeurs puissent créer des liens
interpersonnels.
6. Ne pas trop charger le contenu de la réunion, ce qui
pourrait donner aux vendeurs le sentiment que tout n'a été
fait qu'à moitié.
7. Envoyer à l'avance le programme à chaque vendeur, en
prenant soin de l'afficher dès le début sur le paper board.
L'objectif est de pouvoir par la suite écourter les
discussions trop longues ou inutiles et respecter l'ordre du
jour.
8. Eviter les séances qui durent 3 ou 4 heures sans
interruption. Pratiquer une pause de 15 à 20 minutes toutes
les heures et demie.
9. Offrir un petit déjeuner d'accueil est une marque
d'attention appréciée, surtout si les vendeurs ont fait de la
route.
10. Offrir un petit cadeau ou un gadget souvenir, poser
devant chaque vendeur une tablette de chocolat, des bonbons
et/ou une boisson.
11. Habituer les vendeurs au repas-jokey du midi, afin
d'éviter les débuts d'après-midi somnolents et improductifs.
Offrir le soir le bon repas que toute l'équipe attend.
12. Il faut éviter que des personnes extérieures à la
force de vente assistent à ces réunions, à moins qu'elles
n'aient quelque chose de très précis à dire.
13. L'intervention du PdG doit se faire à l'occasion
d'un dîner-débat, plutôt qu'au cours de l'introduction de la
réunion, moment durant lequel il risque de monopoliser trop
longtemps la parole, de déséquilibrer le programme et surtout
de vouloir assister au reste de la matinée, ce qui aurait pour
effet inévitable de provoquer un blocage des vendeurs et
l'absence d'échanges.
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