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Jean Claude CONSTANT
Avoir pris activement et
efficacement des notes est très précieux mais c'est surtout la
suite, l'utilisation et le traitement des notes, qui est décisif
pour l'apprentissage.
Des notes explicites, structurées et
bien présentées constituent le support incontournable de
l’apprentissage à condition qu'elles soient rapidement
réactivées
et traitées. Sinon elles vont très vite partir en fumée et se
dissiper dans le puits sans fin de l'oubli.
L'information donnée en cours
ou dans une conférence est très volatile car son impression dans
la mémoire est peu durable. Tout l'enjeu consiste donc à
transférer l'essentiel de ces notes dans la mémoire à long terme
pour éviter leur dissipation et leur oubli rapides.
La
lutte contre l'oubli, une course contre la montre
L'oubli est rapide
La « mémoire à court terme » ne
stocke qu'un nombre limité d'informations pendant une durée
brève (30 s.). En revanche, la « mémoire à long terme » peut
conserver durablement beaucoup d'informations à condition que soit
organisé ce passage du court terme au long terme et que la «
mémoire à long terme », notre « disque dur », fasse l'objet de
multiples réactivations.
L'oubli est sélectif
Nous mémorisons mieux certaines
phrases d'un cours ou d'un exposé, en particulier le début (la
fatigue n'est pas encore là) et la fin (la libération de
l'attention est proche). C'est pourquoi il vaut mieux des
séquences d'enseignement et des séquences de travail courtes et
efficaces.
L'oubli est croissant
L'oubli croît rapidement avec le
temps (il ne reste plus que 25 % des informations
initialement stockées, au bout d'une journée) et avec le
nombre d'éléments à mémoriser (la mémoire se sature). Il ne suffit
donc pas d'apprendre une seule fois un cours pour le savoir.
Cette course contre l'oubli, ce
travail d'augmentation de la capacité de stockage sera obtenu par
les répétitions d'intégration, les relations logiques, la synthèse
d'informations contenues dans un graphique ou les relations entre
connaissances déjà stockées (à la façon d'un livre clairement
identifié par son thème ou son auteur et replacé là où il doit
aller dans la bibliothèque). Ne pas oublier l'utilisation de la
mémoire visuelle qui permet souvent de « fixer » figures, graphes
et structure des pages d'un cours ou d'un livre.
La réactivation rapide
N'oubliez pas que la mémoire se
développe, s'entraîne, s'éduque et se réactive.
Revoyez vos notes, même très rapidement, le jour
même. Cette révision rapide comporte 5 opérations successives :
• ordonnez la structure du
texte si elle n'est pas apparente
• clarifiez, encadrez,
déterminez les mots clés
• rectifiez ou complétez
les notes en consultant des ouvrages ou les notes d'un
camarade
• associez les idées entre elles
ou ce qui est nouveau à ce qui est déjà connu et fixé dans la
mémoire à « long terme »
• Faites des schémas et/ou
des résumés pour mobiliser mémoire visuelle et/ou auditive.
Les réactivations ultérieures
Elles serviront à assurer la
mémorisation à long terme, à fixer les connaissances et à
capitaliser les efforts antérieurs.
Pour rentabiliser vos notes
personnelles, pour tirer le meilleur parti du travail antérieur ,
la règle d'or consiste à réviser vos notes par réactivations
multiples après 1 jour, 3 jours, 1 semaine, 3 semaines. Si cette
chasse au « gaspi » vous paraît un peu inaccessible, dites-vous
bien que
l'effort ne sera pas aussi extravagant que
vous le pensez :
• Les réactivations successives
demandent de moins en moins de temps ;
• les réactivations sont de plus en
plus efficaces et la mémoire vous revient de plus en plus vite.
Après cette inscription
dans la mémoire à long terme il vous suffira d'une modeste ration
d'entretien et vous aurez toutes les chances de pouvoir mobiliser
vos connaissances de façon efficace dans les exercices, les
problèmes et les examens sans la panique du dernier moment !
•
La mémoire
comment ça marche
Apprentissage = bonne
mémorisation + raisonnement logique.
Le cerveau, siège de la mémoire
·
Le cerveau primitif,
siège de l'émotion
·
Le cerveau supérieur
ou cortex , siège de la volonté, de l'attention et de l'action,
organisateur de la communication.
·
Les neurones et les
connexions, commandent le traitement de l'information et jouent un
rôle majeur dans le stockage et l'utilisation des connaissances.
·
Les deux hémisphères,
le gauche siège de la logique, de l'analyse, du langage ; le
droit, siège de la synthèse, de l'intuition, de l'imagination.
Les phases de la mémorisation
·
La mémorisation
immédiate :
- registre de l'information
sensorielle (0,1 à 0,5 s), sans tri ni mise en forme.
·
La mémorisation à
court terme :
- filtre l'information sensorielle
et . la transforme en un signal acoustique (20 à 30 s),
- se réactive par l'autorépétition
de maintien,
- correspond à un « encodage »
personnalisé,
- stocke davantage dès qu'il
y a structuration
·
La mémorisation à
long terme :
- stockage durable grâce à un temps
d'accommodation "'. i de 5 à 10 s)
- la mémorisation volontaire est ;
plus durable (attention +
concentration). Elle nécessite structuration, mise en relation,
utilisation d'images mentales et de la répétition d'intégration.
Quelques conseils de plus....
Le travail
personnel que vous mènerez pour l'utilisation active de vos
propres notes de cours est fondamental et personne ne peut le
faire à votre place. Lui seul vous permettra de structurer et de
stabiliser le contenu d'enseignement dispensé.
A coté des
acquisitions nécessaires
n'oubliez pas cependant que l'utilisation
du livre, en particulier celui
qui cumule rappels de cours fondamentaux et problèmes,
constitue un complément efficace et performant.
Votre
livre est un outil de travail
personnel très précieux mais c'est aussi un instrument
d'approfondissement irremplaçable : il vous permet de vous
entraîner régulièrement, de mieux connaître les obstacles
conceptuels que vous devez surmonter, de l’utiliser comme outil
de tests pour mieux vous auto évaluer, de disséquer la
méthodologie de résolution de problèmes.
Savez-vous que......
L 'enseignement oral, où se
conjuguent perception auditive et perception visuelle, est un
mode privilégié de stockage d'informations.
Nous
retenons 10 % de ce que nous lisons, 20 % de ce que nous
entendons, 30 % de ce que nous voyons mais 70 % de ce que nous
écrivons après avoir vu et entendu.
C'est dire que l'activité de
prise de notes, qui capte par l'écriture cette information à la
fois vue et entendue, est précieuse.
Le secret des meilleurs …
Un moyen efficace de
retenir et de structurer est de faire des
évocations mentales.
Il ne suffit pas de percevoir pour comprendre et mémoriser il faut
aussi se réapproprier mentalement le message perçu, en faire une
évocation mentale personnalisée.
De pareilles évocations peuvent
être faites immédiatement à la sortie du cours, par exemple
dans le bus, ou encore dans l'attente du cours suivant mais
également lorsqu'on vient de lire un article de journal ou de voir
une émission de télévision.
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